Médicaments et grossesse
 
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Ne pas arrêter ni diminuer brutalement un traitement sans l'avis d'un médecin
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Risques des médicaments pris par la mère en cours de grossesse

Les médicaments peuvent passer le placenta et se retrouver dans le compartiment foetal.
Très peu de médicaments pris par la mère comportent un risque pour le foetus.
Le risque est différent selon la période où le médicament a été pris au cours de la grossesse.
Dans la population générale, il existe un taux de base de malformations de 2 à 3% (il n'existe pas de risque zéro). Moins de 5% de ces malformations sont liées à la prise d'un médicament par la mère.
Certains médicaments augmentent le risque de malformation avec une fréquence variable, mais jamais à 100% (jusqu'à 30% pour les pires médicaments tératogènes connus).

D’une manière générale il est souvent possible de trouver un traitement efficace pour la mère et qui soit compatible avec la grossesse
.

Risques différents selon les périodes de la grossesse

-Les deux premiers mois de grossesse correspondent à la période embryonnaire pendant laquelle le risque de malformation (ou risque tératogène) est le plus important.

-La période fœtale correspond aux 7 derniers mois de grossesse, pendant laquelle il y a croissance et maturation des organes foetaux.

-La période néonatale
Le nouveau-né peut présenter des symptômes liés au médicament pris par la mère avant l’accouchement.

Médicaments tératogènes formellement contre-indiqués pendant TOUTE la grossesse :
Leur usage n'est pas une nécessité vitale.
- Isotrétinoïne prise par voie orale pour le traitement de l'acné (Roaccutane®, Curacné®, Retane®, Aknett®...). Elle provoque des malformations dans 20 à 25% des cas.
- Acitrétine pour le traitement du psoriasis (Soriatane®).

Une contraception efficace est nécessaire pendant le traitement et elle sera poursuivie 1 mois après la fin du traitement pour l’isotrétinoïne et 2 ans après pour l’acitrétine, avant de concevoir.

Médicaments foetotoxiques formellement contre-indiqués à partir de 24 SA (ou début du 6éme mois) jusqu’à l’accouchement :
En utilisation chronique ou même ponctuelle et quelle que soit la voie d’administration.


TOUS les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) y compris l’aspirine à dose 500 mg/j et les inhibiteurs sélectifs de la cyclo-oxygénase-2 (pour voir la liste des médicaments, cliquer ici) .
- Le risque de fausse couche est multiplié par 2 (sauf pour l’aspirine).
- Ils peuvent avoir des effets, susceptibles d'être graves, sur l'appareil cardio-pulmonaire et les reins du foetus.
- Avant 24 SA, l’exposition à ces molécules, en particulier en prises chroniques, n'est pas recommandée.

Médicaments foetotoxiques formellement contre-indiqués à partir de 15 SA jusqu’à l’accouchement (soit au 2ème et 3ème trimestres) :
Anti-hypertenseurs inhibiteurs de l’enzyme de conversion et Antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (pour voir la liste des médicaments, cliquer ici).
- Au 1er trimestre ils ne provoquent pas de malformations.
- Aux 2ème et/ou 3ème trimestres ils peuvent provoquer des lésions rénales foetales.

Médicament tératogène, foetotoxique et à risque néonatal fortement déconseillé pendant toute la grossesse :
Tout doit être mis en œuvre pour éviter une grossesse sous acide valproïque et pour envisager,
si possible, une autre option thérapeutique.


- Acide valproïque (Dépakine®, Dépakine Chrono®, Valkine®, Epival®, Convulex®, Encorate®, Convep®, Mevakine®, Dépamide®, Dépakote®...) :
Il peut provoquer :
- Des malformations.
- Des effets sur le nouveau-né (hémorragies, hypoglycémie).
- A distance de la naissance, des troubles du neurodéveloppement de l'enfant.

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Médicaments tératogènes et/ou à risque néonatal :
Certains sont malgré tout utilisés en raison de l’absence d’alternative, d'un bénéfice thérapeutique maternel et de la possibilité de proposer une surveillance prénatale.

- Carbamazépine (Tégrétol®, Eptol®, Neurozépine®, Zeptol®, Biomazine®, Carbazine®, Degranol®, Novacarbin®, Taver®, Azepal®, Neurotop®, Carbatol®...) : risque très faible de malformations.

- Phénobarbital (Phénobarbital®, Gardénal®, Calmenal®, Phenoxal®, Neurolal®, Aparoxal®, Sevenal®, Nerval®...) : risque de malformations évoqué.

- Carbamazépine, Phénobarbital et phénytoïne (Di-Hydan®) : risque d’hémorragies fœtales et/ou néonatales.

- Lithium (Téralithe®, Neurolithium®) : risque de malformations cardiaques et d’effets transitoires chez le nouveau-né.

- Anticoagulants oraux : Acénocoumarol (Sintrom®, Novarol®), Fluindione (Préviscan®), Warfarine (Coumadine®).
- Risque de fausses couches.
- Risque de malformations lorsqu'ils sont pris au-dela de 6 semaines d’aménorrhée, dont la nature et la fréquence dépendent du terme de la grossesse.
- Aucun effet malformatif n’est évoqué pour des prises ayant eu lieu avant 6 semaines d’aménorrhée.

- Carbimazole (Néomercazole®, Carbimazole®, Crovimazole®) et méthimazole : quelques cas de malformations sont rapportés.

- Mycophénolate (Cellcept®).

-
Misoprostol (Cytotec®, Misotec®).

Médicaments pris en fin de grossesse pouvant être à l’origine d’effets foetaux et/ou néonatals

- Psychotropes : signes cliniques en rapport avec une imprégnation et/ou un sevrage du nouveau-né.

- Neuroleptiques à fortes doses : signes extra-pyramidaux et/ou atropiniques.

- Carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne , rifampicine, anti-Vitamine K : risque d'hémorragies fœtales et/ou néonatales..
Il est recommandé de prescrire de la vitamine K1 à la mère les 15 derniers jours de grossesse et au nouveau-né en salle de travail.

- Acide valproïque : risque d'hémorragies fœtales et/ou néonatales.

- Bêta-bloquants pris par voie générale ou par voie oculaire : risque d'hypoglycémie et de bradycardie néonatale.

- Corticoïdes au long cours pris par voie générale : risque d'un léger RCIU.
Corticoïdes à fortes doses pris par voie générale en fin de grossesse : impact sur les surrénales fœtales/néonatales possible.

- Anti-TNF alpha ou autres anticorps IgG1 immunosuppresseurs : risque infectieux et d'immunodépression chez les nourrissons les premiers mois de vie.

Médicaments comportant un risque chez l'enfant à distance de la naissance

- Diéthylsilbestrol = DES = Distilbène® : risque carcinogène et de malformations génitales.

- Acide valproïque: risque de troubles du neurodéveloppement.

Conclusion
Le choix d’un traitement en cours de grossesse repose sur l’appréciation du rapport bénéfice/risque.
Il doit se faire en concertation avec les différentes équipes médicales prenant en charge la patiente, et l’enfant.
Une surveillance fœtale et/ou néonatale adaptée sera mise en place en cas d’exposition à un médicament à risque en cours de grossesse.

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Mise à jour : juin 2011

Pour plus d'informations, lecrat.org

 

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